C'est comme si l'envie d'écrire s'emparaissait de moi. Elle se diffuse dans chaque parcelle de mon corps, de mon âme. Petit à petit, elle devient plus forte que tout, incontrôlable et oppressante à la fois. Je subis le besoin de retranscrire mes pensées et souffre de la douleur de ne pas en avoir. Je me sens vide. Que fait un écrivain lorsqu'il ressent ce besoin mais qu'aucun sujet ne lui vient à l'esprit ? La carrence d'inspiration est la pire chose qui puisse lui arriver. Les deux sens de ce mot ne sont vraisemblablement pas dus au hasard. Inspirer, c'est ammener de l'air dans ses poumons, c'est donc vivre. sans inspiration pour son oeuvre, la vie de l'écrivain devient tout aussi impossible que sans inspiration pour son coeur. L'inspiration devient, à l'image du soulevement des poumons, le coup de cravache de l'auteur attribué à sa plume. Sans elle, le sang et l'encre s'assèchent, le coeur et le poignet cessent de se mouvoirent, le souffle et le crissement de la plume se taisent. C'est la mort d'une oeuvre inachevée. Etre témoin de la défaillance de son inspiration peut alors être perçu comme une doueur physique. ma peur devient celle de n'avoir rien à écrire. J'ai soif de mots et faim d'idées, mais je ne trouve pas de quoi me sustenter. Comparaisons, métaphores, hyperboles et oxymores sont ma nourriture ; j'en manque. Je puise mon énergie dans les oeuvres de Voltaire, Nothomb, Balzac, Desforges, Zola, et j'enrage de n'avoir leur talent, leur imagination. Je m'identifie à un chanteur sans voix, un poète sans âme, un enfant sans insouciance, un oiseau sans liberté. Je suis un écrivain sans mots.
je ressors les vieilles photos et les vieux textes.
je crois bien que cette fois l'inspiration m'a délaissée pour de bon...